Blogs

Recommander

Dimanche 20 mai 2007

AuRevoirSimone.jpg Une fois n’est pas coutume, je me permets de glisser un morceau très récent sur ce blog : Sad Song d’Au Revoir Simone. Parce que depuis que je l’ai découvert le mois dernier, je n’arrête pas d’écouter leur disque. Et parce que plus je l’écoute, plus je me dis qu’il a quelque chose de très original, voire d’unique.


Au départ quand j’ai entendu le nom du groupe, je craignais un nouveau clin d’œil new-yorkais aux chanteuses yéyés, à la façon d’April March, dont l’album – amusant au demeurant – m’avait paru pour le moins anecdotique. En fait, je me plantais complètement ! Trio électronique et minimaliste, Au Revoir Simone lorgne plus du côté de Kraftwerk, Pascal Comelade ou les Young Marble Giants, que vers France Gall ou Françoise Hardy. Et si leur pop a quelque chose de désuet (avec notamment quelques hymnes hippies anachroniques), toute tentation rétrograde est immédiatement contrecarrée par un réel goût de l’expérimentation et du détournement, qui explique sans doute pourquoi David Lynch s’est entiché de ces demoiselles.

Sad Song me rappelle les grandes heures de Prefab Sprout, en particulier des chansons comme Appetite, que j’ai déjà commentée ici. Avec sa mélodie et ses arrangements guillerets, presque, elle a quelque chose de dérisoire, semble jeter un regard ironique vers les années 80 et leur passion du tout synthétique. Pourtant le fond reste triste et vaguement bizarre, créant un de ces petits paradoxes qui me séduisent bien.

Suis-je tombé dans la hype ? Ou ai-je découvert un de ces faux groupes mineurs que j’aurais encore du plaisir à écouter dans dix ans ?

 



Les Paroles
:

 


Play me a sad song because
That's what I want to hear
I want you to make me cry
I want to remember the places that we left
Lost to the mists of time

I know that you'll go soon
You'll find out so take me with you always

On buses that move through the night
We sleep on and on
We got off at Memphis, black-top heat will make us thirsty
We'll never get sick anymore

 

(Au Revoir Simone, The Bird Of Music, 2007, Moshi Moshi)


 

Le Clip :


Au Revoir Simone - Sad Song
Vidéo envoyée par v2music
Au Revoir Simone sur scène :

Par Boris Ryczek - Publié dans : Mille et une chansons
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 11 mai 2007

Puisqu’il n’y a pas non plus de raison de se laisser abattre, reprenons ce blog avec un peu de punk ! Les Damned sont à mon avis très injustement sous-estimés. Membres fondateurs de la new wave anglaise, ils sortirent en 1976 un 45 tours d’une extrême brutalité, New Rose, que l’on cite parfois comme le départ du mouvement. L’année suivante, ils firent également partie de la tournée Anarchy, aux côtés des Clash et des Sex Pistols. Mais leur destin diffère de ces deux derniers.


Au lieu de se saborder comme les Pistols ou d’opter pour un rock militant comme les Clash, les Damned ont en effet choisi de retomber dans une espèce d’éternelle adolescence du rock, en retrouvant l’état d’esprit des groupes garage et psychédéliques des années 60. Aux guitares saturées et à l’esprit rebelle du punk, ils ont donc ajouté un sérieux grain de folie, à grands coups de costumes délirants, de titres comme Torture Me ou History Of The World Part 2 et de morceaux à rallonge.

 

Curtain Call, issu de leur Black Album à eux, est certainement ma favorite, un objet inclassable situé quelque part entre Genesis et les Wampas ! A la première écoute, ces dix minutes peuvent paraître assemblées en dépit du bon sens, mais justement, il est parfois bon de se méfier du bon sens, en musique comme en politique…

 

Les Paroles :

 

Can you taste the grit
Between your teeth
The heat of the lights
The crack of the whip
The snapping sound
Of someone's nerves
You finally get
What you deserve

We’re coming up from the deep
The lizard sheds it's skin
Night obliterates the day
And all the fun begins
Shadow boxing with yourself
Just seems to get you nowhere
You don't want to cheat
When playing solitare

Three faces come alive
Try and focus and be one
Never let it be said that
The jester comes undone
A wreckless gambling pace
With time enough to borrow
Time enough to measure
All of our tomorrows

Curtain call and light go dim
Tragedy, love all lie within
Each player takes his chance to play
And lives to fight another day

What boundaries to cross
What chances for the taking
Stepping in the angels wake
Not to be forsaken

No more will I roam
Our childish dreams are soon outgrown
But here we stand
In our own theatre land
Curtain call
About to fall

 

(Gray/Vanian/Rat Scabies/Captain Sensible, The Black Album, 1980, Chiswick)

 

Les Damned sur scène :

 

Par Boris Ryczek - Publié dans : Mille et une chansons
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 6 mai 2007


Sans commentaire...








Les Paroles :


Ils s'embrassent au mois de Janvier
Car une nouvelle année commence
Mais depuis des éternités
L'a pas tell'ment changé la France
Passent les jours et les semaines,
Y a qu'le décor qui évolue,
La mentalité est la même
Tous des tocards tous des faux culs

Ils sont pas lourds, en février
A se souvenir de Charonne
Des matraqueurs assermentés
Qui fignolèrent leur besogne,
La France est un pays de flics,
A tous les coins d'rue y'en a 100,
Pour faire règner l'ordre public
Ils assassinent impunément.

Quand on exécute au mois d'mars,
De l'autre côté des Pyrénées,
Un arnachiste du Pays basque,
Pour lui apprendre à s'révolter,
Ils crient, ils pleurent et ils s'indignent
De cette immonde mise à mort,
Mais ils oublient qu'la guillotine
Chez nous aussi fonctionne encore.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
Et le roi des cons, sur son trône,
J'parierai pas qu'il est allemand.

On leur a dit, au mois d'avril,
A la télé, dans les journaux,
De pas se découvrir d'un fil,
Que l'printemps c'était pour bientôt,
Les vieux principes du seizième siècle,
Et les vieilles traditions débiles,
Ils les appliquent tous à la lettre,
Y m'font pitié ces imbéciles.

Ils se souviennent, au mois de mai,
D'un sang qui coula rouge et noir,
D'une révolution manquée
Qui faillit renverser l'Histoire,
J'me souviens surtout d'ces moutons,
Effrayés par la Liberté,
S'en allant voter par millions
Pour l'ordre et la sécurité.

Ils commémorent au mois de juin
Le débarquement d'Normandie,
Ils pensent au brave soldat ricain
Qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui,
Ils oublient qu'à l'abri des bombes,
Les Francais criaient "Vive Pétain",
Qu'ils étaient bien planqués à Londres,
Qu'y avait pas beaucoup d'Jean Moulin.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est pas la gloire, en vérité,
Et le roi des cons, sur son trône,
Me dites pas qu'il est portugais.

Ils font la fête au mois d'juillet,
En souvenir d'une révolution,
Qui n'a jamais éliminé
La misère et l'exploitation,
Ils s'abreuvent de bals populaires,
D'feux d'artifice et de flonflons,
Ils pensent oublier dans la bière
Qu'ils sont gourvernés comme des pions.

Au mois d'août c'est la liberté,
Après une longue année d'usine,
Ils crient : "Vive les congés payés",
Ils oublient un peu la machine,
En Espagne, en Grèce ou en France,
Ils vont polluer toutes les plages,
Et par leur unique présence,
Abîmer tous les paysages.

Lorsqu'en septembre on assassine,
Un peuple et une liberté,
Au cœur de l'Amérique latine,
Ils sont pas nombreux à gueuler,
Un ambassadeur se ramène,
Bras ouverts il est accueilli,
Le fascisme c'est la gangrène
A Santiago comme à Paris.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est vraiment pas une sinécure,
Et le roi des cons, sur son trône,
Il est français, ça j'en suis sûr.

Finies les vendanges en octobre,
Le raisin fermente en tonneaux,
Ils sont très fiers de leurs vignobles,
Leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux",
Ils exportent le sang de la terre
Un peu partout à l'étranger,
Leur pinard et leur camenbert
C'est leur seule gloire à ces tarrés.

En Novembre, au salon d'l'auto,
Ils vont admirer par milliers
Le dernier modèle de chez Peugeot,
Qu'ils pourront jamais se payer,
La bagnole, la télé, l'tiercé,
C'est l'opium du peuple de France,
Lui supprimer c'est le tuer,
C'est une drogue à accoutumance.

En décembre c'est l'apothéose,
La grande bouffe et les p'tits cadeaux,
Ils sont toujours aussi moroses,
Mais y a d'la joie dans les ghettos,
La Terre peut s'arrêter d'tourner,
Ils rat'ront pas leur réveillon;
Moi j'voudrais tous les voir crever,
Etouffés de dinde aux marrons.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
On peut pas dire qu'ca soit bandant
Si l'roi des cons perdait son trône,
Y aurait 50 millions de prétendants.



(Séchan, Amoureux de Paname, 1975, Polydor)



Renaud sur scène :



renaud - hexagone
Vidéo envoyée par bisonravi1987
Par Boris Ryczek - Publié dans : Mille et une chansons
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 2 mai 2007
Je suis un peu débordé en ce moment et j'ai donc un peu de mal à écrire de nouveaux articles. En revanche, j'ai découvert que la nouvelle version d'Over Blog autorisait les liens YouTube, ce qui m'a permis d'intégrer bon nombre de vidéos qui n'étaient pas disponibles sur DailyMotion. Pour des raisons techniques, elles ont un peu tendance à faire sauter la mise en page, mais le jeu en vaut souvent la chandelle! Si vous voulez y jeter un oeil, elles sont disponibles sur les posts consacrés à  Dominique A, The Adverts, Leonard Cohen, Genesis, George Harrison, The Nits, Pink Floyd, Primal Scream, Bruce Springsteen, Scott Walker et Yes.

PS : Je profite de l'occase pour vous dire que je jouerai avec WZ le lundi 7 au Klub, 14 rue Saint-Denis, métro Châtelet, à partir de 22h. Il y aura aussi Anna Kruz et Tsowa. Une bonne occase pour fêter ou oublier je ne sais trop quoi...

Par Boris Ryczek - Publié dans : Messages Spéciaux
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 1 mai 2007

J’ai beaucoup de souvenirs, bons ou mauvais, concernant Bob Marley. Si War, pour des raisons que j’évoquerais une autre fois, est associée à mon enfance, Buffalo Soldier me rappelle une expérience que j’ai vécue en Egypte. J’étais en vacances avec mon père, dans une de ces croisières qui vont de Louxor à Assouan. Entre les visites, forcément magiques, des monuments anciens, en tête desquelles je place les tombeaux de la Vallée des Rois, extraordinairement conservés, et la découverte douce-amère du pays et de ses réalités, il était prévu – et quasi obligatoire, pour ne pas vexer notre gentil guide – que nous participions à quelques diversions destinées aux touristes : ballade en calèche, authentique soirée orientale avec danse du ventre, conversations avec les touristes français sur les habitudes alimentaires des touristes allemands, etc.


C’est comme ça que je me suis retrouvé le cul sur un chameau, guidé par un chamelier qui devait avoir au maximum quatorze ans. Bien sûr, il n’allait pas à l’école, faisait ça pour gagner sa vie et était payé une misère. Il espérait qu’un jour une révolution remettrait les choses en place et Bob Marley était pour lui un porte-parole, la voix de ce Tiers-Monde auquel la plupart des gens ne font même plus semblant de s’intéresser. Je n’oublierai jamais notre conversation. Grâce à elle, j’ai mieux compris pourquoi il y a tant de graffitis à l’effigie de Marley sur les murs d’Egypte, comme sans doute, de la plupart des pays d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie. En revanche, être d’accord avec le chamelier ne m’a pas appris quoi faire et bien des fois, en parlant de redistribution mondiale des richesses, je me suis revu assis sur son chameau, en train d’acquiescer passivement devant sa colère.


Après cet épisode, j’ai redécouvert Buffalo Soldier qui, comme souvent chez Marley, déploie un message revendicatif sur une mélodie légère et imparable. Elle fait allusion à des régiments de l’armée américaine entièrement constitués de Noirs, qui apparurent lors de la Guerre de Sécession et furent actifs jusqu’à celle de Corée. Les Buffalo Soldiers, fils ou petits-fils d’esclaves directement achetés en Afrique, furent notamment actifs au cours des guerres indiennes de la fin du 19ème siècle. C’était hier : le dernier Buffalo Soldier, selon Wikipedia, est mort en 2005. Et pourtant, comme le souligne Marley, les gens ont tendance à oublier comment s’est faite l’Amérique.


Ce morceau est resté inédit jusqu’en 1983, année où Rita Marley l’a enfin inclus dans l’album posthume Confrontation. Allez savoir ce qu’il faisait au fond d’un tiroir…


Les Paroles :


Buffalo Soldier, Dreadlock Rasta:
There was a Buffalo Soldier in the heart of America,
Stolen from Africa, brought to America,
Fighting on arrival, fighting for survival.


I mean it, when I analyze the stench -
To me it makes a lot of sense:
How the Dreadlock Rasta was the Buffalo Soldier,
And he was taken from Africa, brought to America,
Fighting on arrival, fighting for survival.


Said he was a Buffalo Soldier, Dreadlock Rasta -
Buffalo Soldier in the heart of America.


If you know your history,
Then you would know where you coming from,
Then you wouldn't have to ask me,
Who the 'eck do I think I am.


I'm just a Buffalo Soldier in the heart of America,
Stolen from Africa, brought to America,
Said he was fighting on arrival, fighting for survival;
Said he was a Buffalo Soldier win the war for America.


Dreadie, woy yoy yoy, woy yoy-yoy yoy,
Woy yoy yoy yoy, yoy yoy-yoy yoy!
Woy yoy yoy, woy yoy-yoy yoy,
Woy yoy yoy yoy, yoy yoy-yoy yoy!


Buffalo Soldier troddin' through the land, wo-ho-ooh!
Said he wanna ran, then you wanna hand,
Troddin' through the land, yea-hea, yea-ea.


Said he was a Buffalo Soldier win the war for America;
Buffalo Soldier, Dreadlock Rasta,
Fighting on arrival, fighting for survival;
Driven from the mainland to the heart of the Caribbean.


Singing, woy yoy yoy, woy yoy-yoy yoy,
Woy yoy yoy yoy, yoy yoy-yoy yoy!
Woy yoy yoy, woy yoy-yoy yoy,
Woy yoy yoy yoy, yoy yoy-yoy yoy!


Troddin' through San Juan in the arms of America;
Troddin' through Jamaica, a Buffalo Soldier# -
Fighting on arrival, fighting for survival:
Buffalo Soldier, Dreadlock Rasta.


Woy yoy yoy, woy yoy-yoy yoy,
Woy yoy yoy yoy, yoy yoy-yoy yoy!
Woy yoy yoy, woy yoy-yoy yoy,
Woy yoy yoy yoy, yoy yoy-yoy yoy!


(Marley-Williams, Confrontation, 1983, Tuff Gong)



Le Clip :

Bob Marley - Buffalo Soldier
Vidéo envoyée par hushhush112
Par Boris Ryczek - Publié dans : Mille et une chansons
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 25 avril 2007

Je ne me souviens plus très bien de The Harder They Come, que j’ai vu il y a une dizaine d’années chez mes grands-parents. En revanche, je n’ai jamais oublié les chansons : Many Rivers To Cross, You Can Get It If You Really Want et – bien sûr – la chanson titre. A l’époque, je faisais un peu une overdose de Bob Marley et je m’étais un peu fâché avec le reggae, associé pour moi à des défonces stériles entrecoupées de phrases sibyllines du type : « Jah, Rastafari »… Le film de Perry Henzel m’a à la fois démontré la richesse musicale de cette musique et le contexte social où elle est née.


Au même titre que Guns Of Brixton, qui s’y réfère, The Harder They Come est une chanson révolutionnaire, dénonçant la police, la religion et cette société jamaïcaine où Ivon, le personnage interprété par Jimmy Cliff doit se battre pour survivre, avant même de songer à enregistrer sa musique… Une description tout à fait réaliste de ce que vivaient les musiciens jamaïcains de cette époque. Et pourtant, un nombre incalculable de disques a été pressé sur cette petite île, rivalisant avec les riches maisons de disques américaines, qui n’ont cessé de s’en inspirer. C’est une sorte de mystère jamaïcain, comme il y a un mystère cubain, cette soif de faire de la musique malgré tout.


Les choses ont changé depuis. La Jamaïque n’est toujours pas sortie de la misère, mais Marley est devenu une icône, Cliff a enregistré le tubesque Reggae Night et Sean Paul est un des plus gros vendeurs de disques du monde. Je ne m’y connais pas assez, mais il me semble que, dans le même mouvement, le reggae est progressivement sorti de son âge d’or, perdant en route ce foisonnement des années 60 et 70. Aujourd’hui, les vedettes du dub sont des européens et les stars jamaïcaines émergentes jouent presque toutes du ragga/dancehall : un style qui, franchement, n’est pas ma tasse de thé… Ce n’est pas grave : avec les décennies précédentes, il me reste tout un continent englouti à explorer et je n’ai pas fini de le découvrir !


Les Paroles :


Well they tell me of a pie up in the sky
Waiting for me when I die
But between the day you're born and when you die
They never seem to hear even your cry


So as sure as the sun will shine
I'm gonna get my share now of what's mine
And the harder they come
The harder they'll fall
One and all
The harder they come
The harder they'll fall
One and all


Well the officers are trying to keep me down
Trying to drive me underground
And they think that they have got the battle won
I say forgive them Lord, they know not what they've done


So as sure as the sun will shine
I'm gonna get my share now of what's mine
And the harder they come
The harder they'll fall
One and all
The harder they come
The harder they'll fall
One and all


And I keep on fighting for the things I want
Though I know that when you're dead you can't
But I'd rather be a free man in my grave
Than living as a puppet or a slave


So as sure as the sun will shine
I'm gonna get my share now of what's mine
And the harder they come
The harder they'll fall
One and all
The harder they come
The harder they'll fall
One and all


Yeah, the harder they come
The harder they'll fall
One and all
What I say now, what I say now
What I say now, what I say one time
The harder they come
The harder they'll fall
One and all


(Cliff, The Harder They Come, 1972, Mango)


La scène où Ivon enregistre sa chanson :


the harder they come - la chanson!
Vidéo envoyée par skatouzz
Par Boris Ryczek - Publié dans : Mille et une chansons
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 24 avril 2007

J’ai évoqué plusieurs fois les Clash, et London Calling, sans leur consacrer encore un post. Mais si je devais élire mes dix disques préférés, je suis à peu près sûr qu’il en ferait partie. C’est à mon avis un des seuls doubles albums de l’histoire à ne souffrir d’aucun remplissage, à ne comporter aucun morceau inutile. Musicalement, on retrouve toutes les influences du groupe (du reggae au rockabilly) traitées de façon plus mûres et personnelle que sur les deux premiers albums. Agressives, bizarres et pourtant pop, grâce à leurs mélodies bien ficelées, les chansons pourraient figurer sur un best of. On ne peut pas en dire autant de Sandinista ! que je trouve très intéressant mais quasiment inaudible…


Et puis, il y a le texte, coco ! Pas toujours très nuancé (malgré Lost In The Supermarket), pas toujours très drôle (malgré des gags comme Wrong ‘Em Boyo ou Train In Vain), c’est un témoignage implacable d’une Angleterre morte de trouille, prête à se prendre dix ans de Thatcher dans les dents. A ce titre, j’ai toujours eu un faible pour Guns Of Brixton, une des rares chansons du bassiste Paul Simonon. Il montre l’engrenage qu’engendre la brutalité policière, les fusils qui répondent implacablement aux fusils, dans un monde de ghettos et de misère sociale.


Notre ancien ministre de l’Intérieur s’est distingué par son vocabulaire belliqueux, sa fermeté envers les grands-pères qui vont chercher leurs petits enfants à l’école et sa clémence envers les crimes policiers : comme l’explique cet article de Libération, deux flics parisiens, coupables de torture envers un jeune homme qui avait grillé un feu rouge en 2003, ont par exemple été suspendus en fanfare avant d’être discrètement réintégrés quelques mois après… Aujourd’hui, il risque fort de dresser la moitié de la France : celle qui a la chance de « travailler dur » et parfois, de gagner beaucoup d’argent, contre l’autre : celle des chômeurs, des précaires, des immigrés, des intellectuels, celle qui ne se reconnaît pas dans la loi du plus fort ou qui en bave à cause d’elle.


L’analogie entre les deux situations est assez claire. Si les électeurs ne se réveillent pas, on risque fort d’avoir bientôt The Guns Of Argenteuil sur nos écrans…


Les Paroles :


When they kick out your front door
How you gonna come ?
With your hands on your head
Or on the trigger of your gun


When the law break in
How you gonna go ?
Shot down on the pavement
Or waiting in death row


You can crush us
You can bruise us
But you'll have to answer to
Oh, the guns of Brixton


The money feels good
And your life you like it well
But surely your time will come
As in heaven as in hell


You see it feels like Ivan
Born under the Brixton sun
His game is called surviving
At the end of
The Harder They Come


You know it means no mercy
They caught him with a gun
No need for the Black Maria
Goodbye to the Brixton sun


You can crush us
You can bruise us
But you'll have to answer to
Oh-the guns of Brixton


When they kick out your front door
How you gonna come?
With your hands on your head
Or on the trigger of your gun


You can crush us
You can bruise us
And even shoot us
But oh the guns of Brixton


Shot down on the pavement
Waiting in death row
His game was surviving
As in heaven as in hell


You can crush us
You can bruise us
But you'll have to answer to
Oh the guns of Brixton


Oh the guns of Brixton
Oh the guns of Brixton
Oh the guns of Brixton
Oh the guns of Brixton

(Simonon, London Calling, 1979, Epic)


Les Clash sur scène :


The Clash Guns of Brixton LIVE
Vidéo envoyée par DrEuthanasia
Par Boris Ryczek - Publié dans : Mille et une chansons
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 23 avril 2007

A l’heure de la mi-temps, je peux le dire : malgré mes nombreuses réserves à son sujet, je suis quand même soulagé que Royal soit présente au second tour et ravi que Le Pen se soit pris la plus grosse caisse de sa carrière politique ! Ne pas voir sa sale tronche autosatisfaite se pavaner a la télévision m’a permis de bien mieux dormir qu’il y a cinq ans. De là à remercier Sarkozy, qui partage avec lui beaucoup trop de points communs à mon goût, il y a un pas que je ne franchirai pas !


Mais revenons-en à deux sujets qui, bien que moins graves, déchaînent autant les passions que la politique : la musique et le football. A côté des très sceptiques Nits, j’ai également inclus dans ma liste une chanson d’un vrai fan de foot : Miossec. En ramenant les choses à une échelle individuelle, aux espoirs et aux déceptions d’un joueur, il parvient à m’émouvoir et même à me faire ressentir ce que ce sport peut avoir de beau, « les coups de pied aux étoiles » par exemple. Tout l’art du chanteur se condense dans ces trois minutes : sa manière de nous laisser deviner les blessures d’une relation amoureuse à travers quelques allusions, dans un dialogue sans début ni fin. C’est, comme souvent, un alter ego qui s’exprime, Miossec ayant effectivement eu une carrière de joueur de hand-ball en troisième division, mais on quitte le terrain des généralités pour entrer dans un de ces petits systèmes de rimes et de rancœurs qui abondent sur le magnifique Boire.


Un membre de Louise Attaque présentait récemment cet album comme un équivalent de London Calling pour les musiciens français des années 90. Selon ses termes, il fut pour eux aussi décomplexant, aussi punk, à sa manière… Mais, comme le chef-d’œuvre des Clash, il n’a jamais pu être égalé, ne serait-ce que par Miossec lui-même. Bien que très dépouillé en termes de production et d’arrangements, il fait preuve d’une hallucinante maîtrise musicale, aussi désinvolte envers la régularité des couplets et des refrains qu’efficace d’un point de vue mélodique. Un simple coup d’œil au texte d’Evoluer En Troisième Division permet de le vérifier : on est dans le véritable hors-format, dans une inventivité qui travaille la strophe au corps, la tordant pour l’adapter entièrement à un discours personnel.


Plus fondamentalement, Boire est aussi exemplaire d’une qualité bien plus difficile à définir, et que, malgré les qualités de ses productions suivantes, Miossec semble avoir un peu dilapidée en cours de route : l’urgence. Chaque chanson semble à fleur de peau et chaque mot pesé, longtemps contenu avant de finalement sortir, quand il n’était plus possible de le garder pour soi. A ce titre, il est de ces disques dont – artiste ou auditeur – on se remet difficilement.



Les Paroles :

Comment t'as trouvé la finale ?
Qu'en penses-tu dis le moi ?
Même si je ne suis qu'un bon cheval
Ou un gros bourrin tu as le choix
Un arrière droit assez brutal évoluant en D3
Qui sent la bière et l'animal
Les tacles et la mauvaise foi


Allez c'est ma tournée générale
Qu'est ce que tu bois ?
De l'horizon ou du fond de cale
Du Sans-Rival ou de la Badoit
C'est
bien que tu sois à la finale
Dans les vestiaires pour une fois
Car si j'ai joué vraiment si mal
C'est que je voudrais encore une fois
Retourner les miroirs, étouffer les sirènes
Pour ne plus te revoir espérer qu'il revienne
T'attraper la mâchoire pour que ta peau devienne
Plus douce que ta mémoire, toujours chaude de son haleine


Fais comme si j'étais en sueur
Fais comme si j'étais bien meilleur
En sueur


Tu sais c'est con les jeux de balle
Quand on est à trois
Y'en a toujours un qui touche que dalle
Hormis peut-être des bouts de croix


Mais je ne suis qu'un bon cheval
Ou un gros bourrin tu as le choix
Un arrière droit assez brutal évoluant en D3
Qui sent la bière et l'animal
Les tacles et la mauvaise foi
Mais pour les coups de pied aux étoiles
Oh pour ça je suis le roi
Quand je m'achève sur les comptoirs
Comme une grosse baleine
Qui attend sans trop y croire qu'un jour tu lui reviennes


Qu'un jour tu lui déclares tu joue pas si mal quand même
Qu'un jour tu lui déclares tu joue pas si mal quand même


Fais comme si j'étais en sueur
Fais comme si j'étais bien meilleur


(Miossec, Boire, 1995, PIAS)

 

Par Boris Ryczek - Publié dans : Mille et une chansons
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 21 avril 2007

Je viens de passer une petite semaine en famille, loin d’Internet, ce qui explique mon silence persistant sur ce blog… Mais je n’ai pas été sans écouter de musique pour autant. Ma grand-mère et mes tantes étant des fans de musique classique, je suis notamment tombé sur un très beau disque de Couperin par Alexandre Tharaud qui m’a permis de vérifier à quel point le baroque se nichait partout en pop-music, même là où on ne l’attend pas.

 
Quand on écoute J.O.S. Days, des Nits, on a l’impression d’entendre du folk à l’européenne. La voix un tantinet traînante du chanteur et la prédominance de la guitare acoustique tendent à aiguiller dans cette direction (de même que pour certaines ballades de Zita Swoon ou de dEUS). Pourtant, le riff principal ne doit rien à l’Amérique, mais se trouve être une transposition des Baricades Mistérieuses (l’orthographe est d’époque), une pièce pour clavecin de Couperin. Tout le génie des Nits est d’avoir su adapter ce thème sans qu’une seule seconde on tombe dans les clichés de la pop baroque… un genre qui a eu ses chefs-d’œuvre mais qui, avec le temps, est devenu un peu codifié à mon goût.

 
J’aime aussi cette chanson pour d’autres raisons… Elle raconte l’histoire d’un type qui rompt avec la tradition familiale en ne parvenant pas à être le meilleur footballeur du village. Ce thème me touche parce que j’ai toujours eu ce sport en horreur et que dans le pays où j’habite, ce n’est pas si facile à vivre que ça… En France, (et aux Pays Bas, visiblement) un petit garçon se doit d’aimer taper dans une balle puis, quand il grandit, de se passionner pour les victoires et les défaites de son équipe favorite. Je suis incapable de l’un comme de l’autre. Et au-delà de ma simple incompatibilité avec le ballon rond, La Marseillaise et les stades et moi, je trouve que la place de ce sport dans les mentalités devient, année après année, de plus en plus dangereuse, aussi bien par le nationalisme qui l’accompagne que par l’éloge de la concurrence qu’elle véhicule naturellement.

 
Je connais des tas de gens bien qui aiment le foot. Mais ce n’est pas un hasard que Nicolas Sarkozy considère que les prétendues valeurs du sport (t’as vu, je suis plus fort que toi) doivent devenir le nouveau modèle de civisme. Et ce n’est pas un hasard non plus que le patron le plus immonde avec ses employés que j’aie pu subir considère le football comme une sorte de religion intouchable, au point d’interdire aux journalistes la moindre critique à son égard ! Dans le grand dossier sur le Mondial et la culture qu’il nous avait demandé, j’ai dû donc me contenter de remarquer que les chansons préférées des supporters (Go West, I Will Survive, We Are Champions) étaient toutes des hymnes gays… Ce qui bien sûr, n’a rien d’insultant, ni pour les supporters, ni pour les homos, mais m’amuse tout de même !

 
Je ne sais pas si j’écrirai quoi que ce soit avant d’aller voter Voynet, si je ne change pas d’avis d’ici demain. On se retrouve donc après le premier tour. D'ici là... amusez-vous bien !

 

Les Paroles :

 
The war monument is still standing
Between two football fields

With the name of the men killed on the battle fields
 


They were center forwards
Keepers and backs
They thought they would win
 


It's a family tradition
To play in a football team
I have nephews, dumb but tall
Who, still foetus, kicked the ball
 


I've got flat feet
And my knees are weak
They all thought it was time to start my
 


J.O.S. days
J.O.S. days
 


The last war in this country
The fighting lasted four days
I see one name again
 


He had my age
And my first name
He thought he would win like in his
 


J.O.S days
J.O.S. days
 


They had too many boys
Who wanted to be in a team
So in one day, in one match
You had to prove your ability
 


I was knocked out
A real disgrace
A break with the family tradition of the
 


J.O.S. days
J.O.S. days
 


I can live without a finger
I can live without a toe
But the head is necessary


(Hofstede, Klot, Stips, In The Dutch Moutains, 1987, Columbia)
 

 

Deux versions de J.O.S. Days par les Nits :

 


 

 

 

Un amateur jouant la pièce de Couperin :

 

Par Boris Ryczek - Publié dans : Mille et une chansons
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 13 avril 2007

Quand je commence à parler politique, j’ai un peu de mal à m’arrêter, surtout si les circonstances m’y encouragent. Mais ce n’est pas une raison pour interrompre la présentation de mes chansons favorites ! J’ai inclus L’Internationale sans hésiter parce que je trouve son message global plus que jamais pertinent, malgré quelques archaïsmes dans le détail de ses paroles. L’actualité nous donne amplement matière à y réfléchir…


Je viens de voir Bayrou à la télé. Il a l’air de bonne volonté, Bayrou. J’apprécie à leur juste valeur les hommes de droite qui s’engagent contre Sarkozy. Mais quand il se présente comme un rassembleur, ça me fait doucement rigoler ! Le Capital et les travailleurs n’ont pas les mêmes intérêts : ça n’a jamais été le cas et ça ne le sera pas tant que le Capital n’appartiendra pas aux travailleurs. Que l’Etat puisse jouer un rôle d’arbitre entre les deux, c’est incontestable, mais qu’il puisse réconcilier tout le monde autour d’un grand barbecue national, c’est évidemment chimérique. L’équilibre que le candidat de l’UDF propose d’établir ne garantirait, à mon sens, qu’une paix sociale supérieure à celle que promet Sarkozy. Et encore, à une stricte échelle nationale, et au prix d’un contrôle tout aussi injuste de l’immigration…. Je n’y trouve aucune solution économique viable.


Sous une présidence Bayrou, les entreprises auraient par exemple droit à d’énormes déductions fiscales si elles embauchent. Mais on ne résoudra pas le problème du chômage ainsi. D’une part, techniquement, parce que le nombre d’emplois nécessaires ne va pas cesser de diminuer. D’autre part, parce que les entreprises trouveront toujours des employés moins chers et plus flexibles qu’ici, à moins que nous ne consentions à revenir à des salaires et un code du travail similaires à celui de la Malaisie ! Un état en lutte contre le chômage, c’est un état en lutte contre les intérêts du patronat. De même qu’un état désireux de résoudre le problème du logement s’attaquera d’abord à la spéculation immobilière…


Avec la mondialisation, la lutte des classes a changé de forme, mais pas de nature. Et la balance des pouvoirs penche plus que jamais du côté des puissances financières qui se livrent une concurrence impitoyable – il est vrai – mais savent également défendre leurs intérêts grâce à des alliances internationales de plus en plus soudées, qui leur permettent de faire échouer la plupart des traités nécessaires à la population, y compris dans des domaines aussi cruciaux que la santé ou l’environnement. Quelle est la réponse des travailleurs ? Aucune : l’altermondialisme ne fonctionne toujours pas et plus que jamais, nous vivons, partout dans le monde, une période de repli sur soi, sur son pays, sa religion, son équipe de foot… D’où la pertinence, à mon sens, de l’hymne international le plus symbolique qui ait été composé à ce jour et qui, lui, rassemble réellement les militants de la Gauche du monde entier ; sauf Ségolène Royal, qui a décidé qu’il fallait désormais lui préférer la Marseillaise, dans les meetings du PS.


La version de Robert Wyatt présente l’intérêt d’être, en plus, intéressante musicalement, dotée de ce mélange d’exigence et de bonhomie qui caractérise l’ensemble de son œuvre. On croirait presque entendre une comptine pour enfants, avec un as des as à la batterie ! Son adaptation des paroles françaises s’écarte elle aussi, assez judicieusement, de celle traditionnellement interprétée dans les meetings socialistes britanniques.


Les Paroles :


Behold them seated in their glory
The kings of mine and rail and soil
What have you read in all their story
But how they plundered toil?
The fruits of the people’s toil are buried
In the strongholds of the few
In working for their restitution
The people only claim their due


It’s the final conflict
Let it stand in its place
The International Party
Shall be the human race
It’s the final conflict
Let it stand in its place
The International Party
Shall be the human race


No Saviours from on high deliver
No trust have we in prince or peer
Our own right hand the chains of must shiver
Chains of hatred, of greed and fear
Ere the thieves will out with their booty
And to all give a happier lot
Each at the forge must do his duty
And strike the iron while it's hot


It’s the final conflict
Let it stand in its place
The International Party
Shall be the human race
It’s the final conflict
Let it stand in its place
The International Party
Unites the human race

(Pottier – Degeyter, adaptation : Wyatt, 45 tours, 1982, Rough Trade)

Par Boris Ryczek - Publié dans : Mille et une chansons
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus