Recherche

1001 chansons en RSS

  • Flux RSS des articles

Recommander

Mardi 18 janvier 2011 2 18 /01 /Jan /2011 13:42

 

best-of-2010.jpg Entre autres activités chronophages, cela fait plusieurs semaines que je réécoute ce qui est sorti l'an dernier, histoire de vous offrir, presque à temps, un de ces "bilans de fin d'année" que les journaux affectionnent et que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire s'agissant de 2010. L'année a été riche : difficile d'en faire le tour, tant se bousculent les retours plus ou moins inattendus d'artistes en très grande forme et les apparitions de groupes prometteurs.

 

Le petit florilège ci-dessous ne se veut donc pas exhaustif, mais recense simplement quelques coups de cœur et quelques disques qui ont attiré mon attention. Il est encore un peu tôt pour considérer tel ou tel morceau de ces albums comme une de mes 1001 chansons préférées. Je préfère me laisser le temps de les réécouter, de me lasser de certaines et d'en découvrir d'autres. Mais il est certain que je vous reparlerai de plusieurs de ces albums en temps voulu.

 

Il me reste à souhaiter que l'année 2011 soit aussi riche, ou encore plus fructueuse, et à vous souhaitez, chers lecteurs, mes vœux les plus musicaux !

 

 

 

Mon top 10

 

1 Gil Scott-Heron : I'm New Here
Gil Scott Heron Gil Scott-Heron n'avait pas sorti de disque depuis 17 ans, entraîné qu'il était dans une descente aux enfers pavée de deuils, de drogues et autres affres personnelles. Sur cet album hanté, ramassé sur lui-même, il semble condenser l'essentiel des impressions que lui ont laissé ces années, jetant un regard rétrospectif sur l'ensemble de sa vie. Retour aux sources, s'ouvrant sur un hommage à sa grand-mère, I'm New Here offre également un stupéfiant raccourci de l'histoire des musiques noires du 20ème siècle, mêlant des boucles robotiques à des interprétations vocales renouant avec le blues le plus cru. Un peu comme Play de Moby, mais avec un vrai contenu et la légitimité d'un précurseur qui dessinerait, à nouveau, un possible avenir, sombre, littéraire, et sans concessions commerciales, pour le hip-hop. La classe, et la grande !

 

2 Vampire Weekend : Contra
Vampire Weekend J'avais déjà largement adhéré au premier album de Vampire Weekend. Plus ça va, plus je trouve Contra encore supérieur. Mieux produit, il leur permet d'enrichir leur palette de sonorités pop, rock et caribéennes et d'aller plus loin dans la fusion de ces différents genres. Le son du groupe s'étoffe sans oublier de s'affirmer dans sa singularité. On voyage assez loin, et pourtant les dix titres s'enchaînent comme une évidence, avec un sens réjouissant de la mélodie catchy et du rythme fédérateur. Vivement le prochain !

 

3 Neil Young : Le Noise
Neil Young Quand la presse annonce la sortie d'un "grand Neil Young", je ne me précipite pas pour l'écouter. Au contraire, j'y vais presque à reculons, peu désireux de constater une usure du temps, une fatale apparition de la rouille sur les six cordes du loner. Et pourtant, le vieux sorcier vient encore de me surprendre avec son Noise. Enregistré seul, sous la direction du génial Daniel Lanois, il voit Young entrer dans une forme encore inédite de fusion avec son instrument, grondant d'effets de distorsion et de réverbération. Véhémentes, inspirées, les chansons ne pâtissent pas de cet orage d'intérieur qui s'offre deux belles éclaircies acoustiques.

 

4 Ben Folds and Nick Hornby : Lonely Avenue
Ben Folds Nick Hornby Je ne m'étais jamais vraiment intéressé au cas de Ben Folds, régulièrement cité comme un popeux important des années 2000, mais que j'avais du mal à dissocier de ses consorts : Josh Rouse, Ed Harcourt, etc. Tous me paraissaient certes doués, mais un peu trop sérieux et traditionalistes, dans leur perpétuation de l'héritage d'Elliot Smith, et au-delà, des Beatles, Beach Boys et autres saints patrons de la pop. Cette association soudaine avec Nick Hornby a donc été une très agréable surprise. Non seulement il y a du texte (une manière de tableau anglais, narratif et musical) mais Folds s'avère un excellent compositeur, dont les mélodies, bien que sinueuses, s'impriment durablement dans la tête de l'auditeur.

 

5 Janelle Monáe : The ArchAndroid
Janelle Monae Adoubée en grande pompe par toute la profession musicale de la planète, Janelle Monáe pourrait bien avoir sorti le "machin de l'année" avec son ArchAndroid : concept-album dans lequel elle pratique, successivement ou simultanément, le R'nB, le jazz vocal, l'electro, le rock psychédélique, la BO orchestrale pour remakes de Metropolis, on en passe et des meilleures. Un peu brouillon et démonstratif, le disque reste cependant d'une richesse très largement supérieure à la majorité des sorties actuelles, incarnation jusqu'au boutiste du mashup généralisé entamé au cours de la dernière décennie. On s'y perd, découvrant à chaque écoute un nouvel écart, une nouvelle idée immédiatement remplacée par une autre. Un disque important et un début de carrière plus que prometteur.

 

6 Yeasayer : Odd Blood
Yeasayer Yeasayer fait partie de ces groupes qu'on n'aborde pas forcément pour s'amuser : affublés de la disgracieuse étiquette du "rock expérimental", planqués derrière des pochettes arty, invités à des vernissages de musées new-yorkais, ils semblent, volontairement ou non, dire au grand public combien ils sont plus intelligents que les autres et font craindre ces moments d'ennui auxquels les musiciens pour musiciens nous ont habitués. Et pourtant, Old Blood séduit non seulement par l'audace de ses trouvailles, par ces "labyrinthes" mélodiques que les journalistes ont tellement vantés mais aussi, tout simplement, parce qu'il est très agréable à écouter. Planant à souhait, doté de ce qu'il faut de lyrisme, il décolle dès le deuxième morceau et n'atterrit plus guère, emportant l'auditeur dans un trip aérien plus proche des Mercury Rev de la grande époque que des dissertations savantes des post-rockers.

 

7 Wyatt, Atzmon, Stephen : For The Ghosts Within
Wyatt Atzmon Stephen Quelques standards, des sonorités d'Europe centrale et du Moyen Orient, une pincée épisodique de hip-hop, le vocabulaire de ce trio réunissant un saxophoniste, un chef d'orchestre et un Robert Wyatt plus crooner que jamais, est à la fois luxueux et épuré. Wyatt, Atzmon et Stephen ont en effet une préférence pour les chemins les plus balisés, et paradoxalement les plus risqués, lorsqu'on souhaite poser la délicate question de ce que peut être une interprétation personnelle dans le jazz d'aujourd'hui. Le pari s'avère réussi : For The Ghosts Within est aussi actuel qu'atemporel, avec entre autres plaisirs, une des plus belles versions jamais enregistrées de What A Wonderful World.

 

8 Alina Orlova : Laukinis Suo Dingo
Alina Orlova Les chanteuses du Nord ont eu le vent en poupe cette année. Si ces derniers temps, on a pu voir un peu partout la glaciale Agnès Obel exposer son absence de sourire et sa pop puritaine à force d'être dépouillée, j'ai une préférence pour Alina Orlova, qui me semble une des grandes oubliées des classements de fin d'année malgré les évidentes qualités de ses chansons, dans la lignée de Tori Amos, de Björk ou de Kate Bush, avec leur exubérance assumée et leur usage mutin de la langue lituanienne.

 

9 Arcade Fire : The Suburbs
Arcade Fire Plus humble que Neon Bible ou Funeral, The Suburbs est l'occasion pour Arcade Fire de poursuivre ses constructions audacieuses (morceaux en plusieurs parties, mélodies à tiroirs) mais aussi de s'illustrer dans des formats plus classiques de chansons à couplets et à refrains. Dans un cas comme dans l'autre, la réussite est au rendez-vous et l'on continue de voir s'enrichir l'univers de ce groupe décidément majeur.

 

10 Kyrie Kristmanson : The Origin Of Stars
Kyrie Kristmanson Attention coup de coeur ! Ce disque enregistré par une Canadienne de 20 ans, est plein de petites imperfections. Mais j'ai été conquis par la fraîcheur et la simplicité de son folk jazzy, accordant une place inattendue à la trompette. Une jolie poésie ressort de l'ensemble, me donnant envie d'oublier les faiblesses de certains morceaux (notamment Oh Montmartre, qui fait douter des réalités du bilinguisme en territoire anglophone) pour attendre la suite d'une carrière qui pourrait la mener assez loin.

 

J'ai également aimé :

 

Plan B : The Defamation Of Strickland Banks
Plan B Je me méfie comme de le peste des revivals de tout genre et donc, entre autres, de la soul "à l'ancienne" qui sévit sans discontinuité depuis le triomphe d'Amy Winehouse. J'ai donc pris avec quelques pincettes cet album d'un ancien rappeur, qui a cartonné en Angleterre cette année. Et j'ai été, dans l'ensemble, franchement bluffé. Malgré son concept mélodramatique (la déchéance de Stickland Banks, ancienne gloire de la soul), The Defamation Of Strickland Banks est étonnamment direct : une collection de bonnes, voire de très bonnes chansons (Prayin', Welcome To Hell), à mille lieux des clichés ressassés par les marchands de passé.

 

LCD Soundsystem : This Is Happening
LCD Soundsystem Un autre album qui aurait pu figurer dans mon top 10, si la fin ne s'avérait pas légèrement décevante. Bowiemaniaque au dernier degré, LCD Soundsystem rajeunit son electro-rock en la saturant de guitares stridentes, de claviers vintage et de slogans sur l'hypothétique libération sexuelle de notre époque (Drunk Girls, One Touch). Pastiche chic, à l'humour volontiers mélancolique, il demeure inventif grâce aux gags sonores qui viennent déglinguer les clichés retracés par les riffs de guitares et autres choeurs scandés "à la berlinoise"..

 

Carl Bârat, The Dead Weather, Gorillaz
Carl Barat Quelques sorties attendues au tournant, ou plus très attendues justement, tellement leurs auteurs ont squatté les couvertures des magazines de la dernière décennie. Et pourtant cette fournée d'albums d'"anciens" (de Blur, des White Stripes, des Libertines) s'avère convaincante. Sans révolution, mais avec son lot de bonnes idées. Mention spéciale pour le Carl Bârat, sans doute le moins original de ces trois albums, mais dont la pop-rock léchée parvient à captiver l'attention du premier au dernier titre, grâce à un songwriting hors pair.

 

Peter Gabriel : Scratch My Back
Peter Gabriel Quand Peter Gabriel sort de sa retraite anticipée, il le fait en grande pompe, pour le meilleur ou pour le pire. C'est donc accompagné d'un orchestre symphonique qu'il a enregistré cet album de reprises, d'une modestie par conséquent relative. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le résultat est bon, notamment grâce à l'extraordinaire talent de chanteur de Gabriel, qui parvient à se réapproprier un répertoire pourtant très varié, de David Bowie aux Magnetic Fields et de Randy Newman à Arcade Fire.

 

Die Antwoord : $O$
Die Antwoord On aurait pu craindre un produit marketing bizarre, une sorte de buzz trash ou de dommage collatéral de la dernière Coupe du Monde. Mais ce duo sud-africain au look post-apocalyptique vaut mieux que cela : son hip-hop acidulé et vénéneux, ponctué de roulements de r et d'incompréhensibles grossièretés inaugure une nouvelle forme de teigne musicale, non dénuée d'humour punk.

 

Kanye West & Boi Big
Boi Big Deux albums ludiques par deux poids lourds du hip-hop. Accueilli par une polémique d'arrière-garde sur sa pochette "pornographique", My Beautiful Dark Twisted Fantasy de Kanye West est plus inégal que son prédécesseur, mais possède quelques lueurs : une ouverture superbe et un clin d'œil à 21st Century Schizoid Man. Boi Big, ancien camarade d'Andre 3000 au sein d'Outkast, signe pour sa part un disque délirant, toujours aussi peu synthétique, mais qui offre largement de quoi occuper les amateurs de tchatche et d'instrumentation volubiles.

 

Nas and Damian Marley : Distant Relatives
Nas and Damian Marley D'une toute autre teneur, ce retour de Nas en compagnie d'un riche héritier avait de quoi faire redouter un pénible moment d'édification. En effet, consacré à la misère du monde, avec des bénéfices dévolus à la construction d'écoles en Afrique, Distant Relatives est pétri de bonnes intentions. Mais si l'on excepte quelques morceaux un peu caricaturaux (My Generation, avec ses choeurs de petits nenfants), l'album évite remarquablement le prêchi-prêcha, abordant des thèmes difficiles avec un bel équilibre entre sérieux et ardeur. Le mérite en revient beaucoup à Damian Marley, qui s'avère aussi doué dans le registre reggae de son paternel que quand il se frotte à des sonorités ragga et dancehall plus contemporaines.

 

Milkymee : To All The Ladies In The Place With Style And Grace
Milkymee Avec ses arrangements tour à tour acoustiques ou électriques, Milkymee manie un héritage des années 90 parfaitement intégré, mis au service de compositions intimes et variées. Un album fin, rempli de ces discrètes trouvailles qui distinguent les orfèvres de la pop, sachant souligner la moindre intention par la note appropriée. On attend la suite avec impatience...

 

Yann Tiersen : Dust Lane
Yann Tiersen Fan de la première heure, ayant comme beaucoup de monde suivi sa carrière de loin depuis l'overdose d'Amélie Poulain, je n'attendais pas Yann Tiersen sur un terrain tel que celui de Dust Lane. Presque abstrait par moments, mais résolument électrique et animé d'une énergie constante, ce voyage musical en pays inconnu déroute et séduit. A écouter de A à Z, en se laissant porter par le courant ...

 

Gush et The Bewitched Hands
The Bewitched Hands Qu'on me pardonne les néologismes douteux, mais depuis quelques années, j'ai l'impression d'assister à une espèce de belgicisation de la France (sur un plan strictement musical, entendons-nous...). Pas un mois ne passe sans qu'on n'entende parler d'un nouveau groupe aux compositions à tiroirs, s'exprimant en anglais et cherchant à se tailler une voie personnelle dans un paysage de plus en plus foisonnant. Cette année, ce sont Gush et The Bewitched Hands qui ont particulièrement attiré mon attention. Les premiers frappent par la diversité de leurs climats musicaux, qui vont des refrains pop fédérateurs à des évocations des plus antiques negro-spirituals américains. Une salutaire énergie se dégage de l'ensemble.... Originaires de Reims, les Bewitched Hands ont écouté pas mal de groupes américains mais savent aussi évoquer, le temps d'une ou deux compositions tordues, l'univers d'orfèvres de la pop anglaises comme XTC, auquel la pochette de Birds & Drums (très proche de celle de Drums & Wires) rend un hommage éloquent. Ce qui me donne, évidemment, envie de suivre de près leur carrière...

 

Pixel : Ainsi Fond
Pixel Et je terminerai cet inventaire par un rappel de la sortie, il y a maintenant une bonne année, du deuxième album de Pixel, un groupe qui a toujours le courage de chanter en français. Ce qui, dans leur cas, se révèle une très bonne idée ! Première Classe, Dernière à Paris, Peter Pan, A.I., Correspondances... autant de chansons qui mériteraient d'être diffusées plus souvent et qui gagnent, elles aussi, à être découvertes sur scène.

Par Boris Ryczek
Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés