Partager l'article ! Quilapayún : El pueblo unido jamás será vencido (0142): Etant donné ce qui se passe en ce moment en Tunisie, en Egypte, en Jordanie, au Yéme ...
Etant donné ce qui se passe en ce moment en Tunisie, en Egypte, en Jordanie, au Yémen – et dans combien d'autres pays, arabes ou non... – il était tentant de
reprendre ce blog avec une chanson révolutionnaire. Même si ce qu'on peut écrire ici, derrière les écrans de nos appartements, paraît bien dérisoire comparé aux risques encourus par les
manifestants osant braver la police de ces régimes pourris, soutenus jusqu'à l'ignominie par nos propres états « démocratiques ».
J'en ai appris de bonnes, ces dernières semaines ! Et pas seulement sur les moyens de transport de nos ministres durant leurs vacances. Il était par exemple intéressant, sur Rue 89, de découvrir comment la France avait formé la police égyptienne à la « gestion des foules », leçon qu'elle a su appliquer en tirant à balles réelles sur lesdites foules : http://www.rue89.com/2011/01/29/quand-la-france-formait-la-police-de-moubarak-188097.
Ou, la lecture d'un article en appelant un autre, de réviser la brillante carrière du Général Aussaresses qui, après s'être illustré au cours de de la guerre d'Algérie, sut rendre quelques services aux régimes d'extrême droite d'Amérique latine au cours des années 70, croisant au passage la route d'un certain Klaus Barbie : http://www.rue89.com/2008/04/29/tortionnaire-non-repenti-le-general-aussaresses-se-souvient.
La France des droits de l'homme pue la charogne. Et si ça ne date pas d'hier, ça ne va pas en s'arrangeant. Alors qu'est-ce qu'on attend, nous aussi, pour faire « dégager » cette clique de politicards, de diplomates et d'affairistes qui, de présidence en présidence, perpétue le désordre mondial au nom de notre raison d'état ? C'est à mon sens la question la plus importante que devraient poser, sous nos latitudes, les échos de ce mouvement révolutionnaire.
Pour en revenir à Quilapayún, y répondre mériterait un peu plus d'optimisme que ce qui prévaut généralement dans les discours médiatiques raisonnables, une solidarité (au sens le plus physique que l'on puisse donner à ce mot) allant au-delà des beaux discours... Des sentiments qui semblent loin de notre quotidien mais qui peuvent brusquement prévaloir le temps d'un mouvement révolutionnaire, comme en témoignent ces images de Musulmans et de Coptes fraternisant face à la police égyptienne. C'est un peu de tout cela que nous parle cet hymne au marxisme un peu naïf composé en 1973 par Sergio Ortega dans le Chili de Salvador Allende, peu avant son renversement par Augusto Pinochet. Le vocabulaire a vieilli, l'idéologie qui transparaît mérite d'être revue et corrigée, mais le message essentiel n'a rien perdu de son universalité : cette idée intuitive, empirique, comprise de toute personne qui a déjà connu l'ivresse de la rue, que lorsque l'unité et la confiance règnent, toutes les aventures révolutionnaires sont bonnes à tenter.
Rien n'est jamais acquis. A l'heure où j'écris cet article (mais il paraît que ça va changer dans la soirée...) Hosni Moubarak est toujours au pouvoir en Egypte, les Tunisiens ont encore beaucoup à faire pour débarrasser leur pays de son appareil totalitaire et éviter qu'un nouveau despote vienne s'installer à leur tête. C'est comme ça, « en général », que les révolutions se terminent. Mais, malgré sa fragilité et les embûches qu'il devra éviter, mon vœu le plus cher est que ce mouvement se répande sur le globe. Là où sévissent les dictateurs, bien sûr, mais aussi là où sévissent ceux qui soutiennent ces dictateurs, maintenant leurs pays dans une situation de vassalité économique misérable et corrompue. Cela me donnerait une motivation bien plus importante pour descendre dans la rue que la réforme des retraites ou tous les autres mots d'ordre ponctuels (défense de ceci, protestation contre cela) rythmant, dans l'indifférence la plus absolue de nos pouvoirs publics, l'agenda militant de la France.
Les paroles :
(Ortega, El pueblo unido jamás será vencido, DOM, 1975)
Quilapayún sur scène :
Ton post m'a foutu un de ces frissons...
" Face aux évènements, il ne me reste qu'une chose à dire aux travailleurs: je ne renoncerai pas [...] je payerai de ma vie la loyauté du peuple. Et je vous dis que j'ai la certitude que la graine que nous avons semée dans la conscience digne de milliers et millers de Chiliens ne pourra rester enfouie définitivement. Ils ont la force, ils pourront nous asservir, mais on ne peut arrêter les mouvements sociaux ni par le crime ni par la force. L'Histoire est à nous et ce sont les peuples qui la font. "
Extrait du dernier discours radiophonique de Salvador Allende.
Salut l'mouv'ment des Jeunes Arabes!
Merci beaucoup !
Je ne sais pas si tu as écouté le discours du chanteur de Quilapayun à la fin du clip. C'est quelque chose...