J'ai découvert OK Computer à sa sortie, au cours de vacances d'été en Corse. Je n'étais pas un grand fan de Pablo Honey et j'avais écouté
The Bends d'une oreille trop discrète. Le choc n'en a été que plus violent ! Le souvenir de cette musique qui semblait sortie de nulle part, dans ce paysage magnifique que je découvrais
pour la première fois, reste présent dans ma mémoire à chaque fois que j'écoute l'album.
Aujourd'hui encore, c'est le disque de Radiohead que j'écoute avec le plus de plaisir. Déjà très aventureux, il me semble plus cohérent et plus maîtrisé que ses successeurs. Le format pop est souvent mis en danger par la structure aventureuse des morceaux et par les sonorités électroniques volontairement disgracieuses. Mais il ne vacille pas. Le groupe ne perd jamais le fil et raccroche dès que nécessaire l'attention de l'auditeur, n'oubliant jamais de l'embarquer dans son trip.
Paranoid Android, l'un des singles les plus osés des années 90, me paraît le meilleur exemple de cet équilbrisme, avec sa décélération centrale, annonciatrice des moments les plus mélancoliques de l'album (Exit Music, No Surprises) et son accélération finale, faisant revenir et asseyant un thème rock qui serait, sans cela, passé inaperçu. Tour de force, il démontre tout ce dont le groupe est capable sans oublier de construire sa petite architecture névrosée, illustration d'un monologue intérieur de Thom Yorke faisant écho aux compromissions d'un monde robotique et déshumanisé.
Les paroles :
Please could you stop the noise, I'm trying to get some rest
From all the unborn chicken voices in my head
What's that...? (I may be paranoid, but not an android)
What's that...? (I may be paranoid, but not an android)
When I am king, you will be first against the wall
With your opinion which is of no consequence at all
What's that...? (I may be paranoid, but no android)
What's that...? (I may be paranoid, but no android)
Ambition makes you look pretty ugly
Kicking and squealing gucci little piggy
You don't remember
You don't remember
Why don't you remember my name?
Off with his head, man
Off with his head, man
Why don't you remember my name?
I guess he does....
Rain down, rain down
Come on rain down on me
From a great height
From a great height... height...
Rain down, rain down
Come on rain down on me
From a great height
From a great height... height...
Rain down, rain down
Come on rain down on me
That's it, sir
You're leaving
The crackle of pigskin
The dust and the screaming
The yuppies networking
The panic, the vomit
The panic, the vomit
God loves his children, God loves his children, yeah!
(Greenwood, Greenwood, O'Brien, Selway, Yorke, OK Computer, 1997, Capitol)
Radiohead sur scène :
Paranoid Android par Brad Meldhau :

Comme Both Sides Now, dont je vous parlais hier, Is That All There Is ? est un standard discret sur le thème de la désillusion, écrit par le tandem Jerry
Leiber et Mike Stoller. Il en existe de nombreuses versions, mais la plus célèbre est incontestablement celle de Peggy Lee. Lorsqu'elle l'enregistre, en
1969, la chanteuse n'est plus toute jeune. Elle joue finement de son âge, avec une diction évoquant tour à tour la femme mûre qu'elle est et la candeur de la jeune fille qu'elle fut.
Both Sides Now est une de ces grandes chansons américaines qui n'ont jamais été vraiment reconnues à leur juste valeur en France.
Ecrite par une Joni Mitchell qui n'avait pas encore fêté son vingt-cinquième anniversaire, elle frappe par sa déconcertante maturité, où la sagesse s'apparente à une forme de
modestie.
J'ai écouté le dernier Kanye West : My Beautiful Dark Twisted Symphony. C'est bien : du bon rap, avec un son énorme, comprenant quelques samples bien
sentis (on y retrouve
Un morceau de saison ! It's Cold Outside figure sur les coffrets Nuggets, auxquels j'ai déjà fait allusion sur ce blog. Cette abondante
rétrospective, initiée par Lenny Kaye (le guitariste de Patti Smith) au début des années 70, puis poursuivie par une équipe d'érudits du label Rhino dans les
années 2000, est une véritable mine de pépites garage des années 60, de préférence enregistrées par des groupes minuscules sur des 45 tours confidentiels.
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