Je ne suis probablement pas le premier à rapprocher ces deux groupes, qui n'appartiennent ni tout à la fait à la même génération, ni au même courant. Formé en 1975, Pere
Ubu est généralement considéré comme une des meilleures illustrations de la vague post-punk. Apparus une décennie plus tard, les Pixies ont fini par être
reconnus par tout le monde comme l'un des groupes les plus importants des eighties, par leur sauvagerie et leur sens mélodique, préfigurateurs du grunge.
Le rapport qui les unit néanmoins m'a sauté à la figure quand j'ai découvert Pere Ubu sur scène, il y a deux ans. Non seulement le chanteur, David Thomas, avait le même genre de voix de canard que Franck Black, mais le groupe entier semblait habité par le même genre d'énergie que les Pixies, davantage héritière, au fond, des sonorités surf, garage ou psychédéliques des années 60 que du punk de 1977, tel qu'on le délimite habituellement.
J'ai donc rapidement mis la main sur Cloudland, l'album le plus connu et le plus pop de Pere Ubu : la ressemblance était encore plus flagrante ! Thomas écrivait le même
genre de textes que Black, ramassés sur eux-mêmes, avec quelques images au service d'une idée-force. Wave Of Mutilation et Bus Called Happiness portent ainsi des discours
similaires, où la fuite en avant apparaît comme la réponse provocante et bravache à un sentiment d'inadaptation sociale. Ils ont aussi, l'un comme l'autre, des riffs de guitare et des
refrains ravageurs, esquissant une pop paillarde, à la bizarrerie dérangeante, mais écrite dans les règles de l'art...
Bien sûr, il ne faut pas minimiser les différences entre les deux groupes. La plupart des disques de Pere Ubu sont certainement plus
expérimentaux, et moins faciles, que les quatre albums des Pixies. Les ondes Theremin, abondamment utilisées par les premiers, sont totalement ignorées par les seconds. Chez Pere Ubu, il n'y a
pas Kim Deal à la basse... Il n'empêche que l'esprit général du bazar, comme dirait Arno, me semble assez cousin.
Les paroles de Wave Of Mutilation :
Cease to resist, giving my goodbye
Drive my car into the ocean
You'll think i'm dead, but i sail away
On a wave of mutilation
A wave
Wave
I've kissed mermaids, rode the El Niño
Walked the sand with the crustaceans
Could find my way to mariana
On a wave of mutilation,
Wave of mutilation
Wave of mutilation
Wave
(Francis, Doolittle, 1989, 4AD)
Celles de Bus Called Happiness :
One day I'll say I woke up to find a heap of a mess
Running for the bus I cry, Hold that bus called Happiness
Why am I so slow? If I only knew
Say it isn't so
I wondered what I'd want without you
Through the back window I thought I saw the color of her dress.
Which way does it go?
Hmm buddy, that's the bus called Happiness
Why am I so slow? If I only knew
Say it isn't so
I wondered what I'd want without you
One day I'll say I woke up to find a heap of a mess.
Running for the bus I cry, Hold that bus called Happiness
Say it
Why am I so slow? If I only knew
Say it isn't so
I wondered what I'd want without you
Why am I so slow? If I only knew
Say it isn't so
I wondered what I'd want without you
(Cutler, Jones, Krauss, Maimone, Ravenstine, Thomas, Cloudland, 1989, Fontana)
Les versions originales :
Les Pixies en concert :

Stuart Murdoch creuse inlassablement les mêmes thèmes depuis plus de dix ans : les amours adolescentes, la religion, la pop
culture... Et le charme durable de ses short stories douces amères, combiné aux arrangements intemporels du groupe font de chaque album de Belle And Sebastian une
retrouvaille avec un univers familier. Je l'avais déjà écrit à propos de The Life Pursuit, dans une
La musique qualifiée de "celtique", que j'ai beaucoup écoutée autrefois, est souvent, il faut bien le dire, peu satisfaisante. On a en
gros le choix entre des produits frelatés - groupes régionalistes aux discours convenus ou chanteuses "à voix" coulant inlassablement les mêmes Titanic sur des airs de flûte irlandaise -
et des enregistrements passionnants d'un point de vue musicologique, mais d'un confort d'écoute un peu rustique : les Frères Morvan, les Soeurs Goadec, le
Bagad Kemper, celui de Lenn Bihoué, etc.
In Walked Bud est l'un des rares morceaux de Thelonious Monk enregistrés avec un chanteur. En l'occurence, il
s'agit de John Hendricks, qui eut l'idée de donner des paroles à ce thème typique du pianiste, avec ses paires d'accords enchaînées par à-coups, s'alliant à de surprenants
déroulés mélodiques... et son swing inébranlable, malgré les ruptures rythmiques.
Radio France nous donne en ce moment l'insigne honneur d'élire la "personnalité culturelle de l'année", à sélectionner au sein d'une
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